L’équipe de radiologie interventionnelle du CHU de Clermont-Ferrand a réalisé une première en Auvergne : une ostéosynthèse percutanée de la dent de C2 chez une patiente atteinte de cancer, présentant une lésion osseuse à haut risque de fracture.
Pourquoi cette intervention ?
Les métastases osseuses sont fréquentes chez les patients atteints de cancer, touchant près de la moitié d’entre eux. Elles entraînent souvent douleurs et fractures dites « pathologiques », avec un impact majeur sur l’autonomie et la qualité de vie. Dans ce cas, la patiente souffrait d’une lésion ostéolytique à haut risque fracturaire de la dent de C2, nécessitant le port d’une minerve rigide, mal tolérée et très invalidante.
L’objectif de l’intervention était de stabiliser une zone fragilisée, à proximité immédiate de la moelle épinière, afin de réduire rapidement les douleurs, de permettre le retrait de la minerve et de restaurer l’autonomie de la patiente.
Comment se déroule l'intervention ?
L’ostéosynthèse de la dent de C2 par voie percutanée latéro-cervicale est une technique innovante, peu répandue en France et non réalisée jusqu’alors en Auvergne. Elle a été démocratisée par des équipes lyonnaises et parisiennes, et se distingue par son efficacité clinique et un faible taux de complications.
L’intervention se déroule en salle de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale. Grâce à un guidage scanner et scopique en continu, une précision millimétrique est assurée à chaque étape :
- Hydrodissection cervicale : injection de sérum physiologique pour écarter les structures à risque (artère carotide, veine jugulaire, trachée).
- Mise en place de la vis : introduction d’un trocart osseux, puis d’une broche et enfin d’une vis canulée adaptée à l’anatomie du patient.
- Cimentoplastie complémentaire : injection de ciment acrylique dans la lésion pour renforcer la consolidation et la stabilité de la vis.
L’ensemble du matériel est ensuite retiré, un pansement sec est posé, sans point de suture. La surveillance post-opératoire est courte, et la patiente peut se lever et s’alimenter dès le retour en chambre.
Résultats cliniques
Les bénéfices sont immédiats : retrait de la minerve le jour même, retour à domicile autorisé dès le lendemain, reprise rapide de la mobilité cervicale et nette amélioration du moral. Un suivi est assuré, avec des traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie) dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire.
Une expertise reconnue et une montée en puissance des techniques mini-invasives
Cette technique, encore peu répandue en France, est désormais disponible au CHU de Clermont-Ferrand. L’intervention a été réalisée par les Dr Nicolas DE ABREU et Achraf KANAN, sur un plateau technique de pointe.
En 2025, l’équipe de radiologie interventionnelle du CHU a réalisé 382 gestes de consolidation osseuse, simples ou complexes, illustrant la montée en puissance de ces techniques mini-invasives au service des patients.
Une prise en charge personnalisée et sécurisée
Chaque situation est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire, garantissant une décision thérapeutique individualisée et validée. La consultation pré-opératoire permet d’informer le patient sur le geste, ses bénéfices et ses risques, et d’organiser une prise en charge rapide et adaptée.
Cas anonymisé, intervention validée en réunion de concertation disciplinaire.