Le CHU de Clermont-Ferrand, en partenariat avec les sociétés SURGAR et YANSYS, est lauréat de l’appel à projets « FEDER Projets Collaboratifs » avec son projet AILE (Artificial Intelligence for Laparoscopy and Endoscopy). Son objectif : développer des outils d’intelligence artificielle capables d’analyser en temps réel les images de chirurgie mini-invasive du rein et d’endoscopie digestive, afin d’aider les praticiens dans leur geste.
AILE en bref
- Durée : 36 mois, de janvier 2026 à décembre 2028
- Budget total : 1 361 459 €
- Soutien FEDER : 883 423 € pour l’ensemble du consortium
- Partenaires : DRCI du CHU de Clermont-Ferrand (coordination), SURGAR et YANSYS, avec l’accompagnement de Lyonbiopôle
Mickael Mathieu, PhD, chef de projet au sein du département DIA2MCette reconnaissance permet d’accélérer le développement d’outils d’intelligence artificielle au service de la chirurgie mini-invasive et de l’endoscopie.
Aider à repérer ce qui est difficile à voir
Pendant une intervention ou un examen, certaines lésions ou structures anatomiques sont difficiles à repérer, à situer en profondeur ou à évaluer. Le projet AILE développe des outils capables d’analyser les images en direct et d’apporter au praticien une aide en temps réel. Deux applications sont visées :
- En chirurgie du rein (néphrectomie partielle) : à partir du scanner ou de l’IRM du patient, un jumeau numérique en 3D du rein est reconstitué, puis superposé en réalité augmentée aux images de l’intervention. Il permet de visualiser la tumeur, les vaisseaux et les voies excrétrices. Le défi pour l’IA : ajuster automatiquement ce modèle à l’image réelle et le suivre en temps réel malgré les mouvements de l’organe et des instruments.
- En endoscopie digestive : aider à détecter les lésions du côlon susceptibles d’être malignes, et guider la prise de vue pour obtenir des images de qualité, notamment pour faciliter l’avis d’un expert à distance (télé-expertise).
Pr Adrien Bartoli, coordinateur scientifique du projet et responsable du département DIA2MLes applications développées dans ce projet concernent la chirurgie rénale robot-assistée et l’endoscopie digestive. La synergie du consortium est essentielle : les entreprises partenaires nous fourniront les données qui nous permettront d'entraîner des architectures neuronales et de mettre au point de nouveaux algorithmes ; ces résultats seront ensuite transférés vers les entreprises qui pourront en faire l’exploitation.
Un projet en trois temps
- Constituer et annoter une base de données dédiée à l'entraînement de l’intelligence artificielle : vidéos d’interventions et d’examens, imagerie, informations cliniques et résultats de biopsies, collectés, anonymisés et annotés par les sociétés partenaires dans le respect de la réglementation.
- Développer les architectures et modèles d’IA tout en les testant sur des données réelles en laboratoire, afin d’optimiser les choix techniques en continu.
- Intégrer les modèles d’IA aux logiciels des partenaires industriels pour fournir une information utile au praticien pendant l’intervention avec des tests menés dans des conditions proches du réel.
Un consortium qui associe recherche et industrie
AILE repose sur la complémentarité de ses partenaires :
- Le CHU de Clermont-Ferrand, à travers le département DIA2M (département d’intelligence artificielle et applications médicales) de sa Direction de la recherche clinique et de l’innovation (DRCI), coordonne le projet et apporte son expertise scientifique en intelligence artificielle : conception et entraînement des réseaux de neurones, algorithmie de la vision par ordinateur et validation préclinique.
- SURGAR, société clermontoise spécialisée dans les logiciels d’assistance à la chirurgie mini-invasive, fournit les données chirurgicales, intègre les modèles à son logiciel et prépare l’industrialisation.
- YANSYS, société vichyssoise spécialisée dans les logiciels dédiés à l’endoscopie, joue le même rôle pour l’endoscopie digestive.
Le consortium bénéficie également de l’accompagnement de Lyonbiopôle, réseau d’innovation en santé d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui a contribué à structurer le projet et à préparer sa candidature au financement FEDER (Fonds européen de développement régional).
Une étape pour l’innovation en santé
La sélection d’AILE par la Direction des fonds européens de la Région Auvergne-Rhône-Alpes marque une nouvelle étape dans le développement de solutions associant recherche en intelligence artificielle et expertise industrielle. Il s’agit à ce stade d’un projet de recherche et de développement technologique qui, à terme, pourrait contribuer à de nouveaux outils d’assistance en temps réel, au service de la précision et de la sécurité des interventions.
Xavier Bijaye, directeur de la DRCILe CHU de Clermont-Ferrand remercie la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Commission européenne pour leur soutien, qui permet au consortium de poursuivre le développement de ces technologies au service de la prise en charge des patients et de la chirurgie de demain.