Le CHU de Clermont-Ferrand et les directions communes développent une démarche de partenariat patient afin de mieux intégrer l’expérience des patients dans l’amélioration des soins et des organisations. Cette démarche repose sur la reconnaissance du savoir expérientiel des patients, des aidants et des proches comme une ressource complémentaire à l’expertise des professionnels de santé.
Les patients partenaires peuvent intervenir comme pairs-aidants, formateurs, chercheurs ou contributeurs à l’amélioration des parcours et des services. La 1ère conférence des patients partenaires s’est réunie en février 2026 afin d’enclencher la dynamique de partenariat et de promouvoir des initiatives concrètes au sein des services. Des outils et instances dédiés à la mise en place de cette démarche sont en cours de développement afin d’accompagner les services dans sa mise en œuvre.
Cette dynamique s’inscrit dans le Projet des Usagers 2025-2028, dont le partenariat patient constitue une orientation prioritaire. Elle vise à renforcer la lisibilité des rôles des représentants des usagers et des patients partenaires auprès des patients et des professionnels, tout en favorisant leur contribution aux démarches d’amélioration continue de la qualité des prises en charge.
L’objectif est de co-construire un système de santé plus personnalisé, plus pertinent et plus performant au bénéfice des patients et des professionnels.
Le « patient partenaire » correspond à une personne physique (patient, accompagnant, aidant) qui collabore de manière régulière avec les équipes de soins, dans le but soit d’améliorer la qualité et la sécurité des soins et des organisations, soit de réaliser des enseignements ou encore prendre part à des travaux de recherche.
Les missions des patients partenaires
Les patients partenaires au CHU de Clermont-Ferrand peuvent contribuer à travers 4 types de mission spécifiques.
Le pair-aidant
Le pair-aidant peut intervenir au sein des services à l’accompagnement des personnes à partir de sa perspective, de son expérience et de ses savoirs issus d’une vie avec des situations de vie et de soin similaires. Sa mission inclut notamment d’offrir un soutien émotionnel par l’écoute active des patients, de partager avec eux certains éléments de sa propre expérience, de les accompagner dans leurs questionnements et préoccupations relatifs à la vie au quotidien avec la maladie (comment gérer la fatigue, la réinsertion professionnelle, etc.) ou encore d’aider à naviguer à travers le parcours de santé.
Exemple : une patiente ayant une expérience de vie significative avec une stomie urinaire et du parcours de soins associé accompagne d’autres patientes du service de manière à leur offrir, sur une base volontaire, un accompagnement de pair-aidance coordonné avec les actions des professionnels du service.
Le patient ressource
Le patient ressource peut contribuer à l’amélioration des soins et services et de leur organisation au niveau d’un service ou de manière transversale à l’échelle du CHU. À partir de son expérience directe des soins et des services concernés, il agit de manière complémentaire aux représentants des usagers et aux acteurs associatifs en mobilisant sa perspective et ses compétences de coopération, facilitant ainsi l’intégration de l’expérience patient.
Exemple : un patient ayant une expérience significative de la dialyse dans un centre spécifique co-construit une démarche d’amélioration du parcours de dialyse avec les professionnels de santé du centre, les représentants des usagers et les membres d’associations pertinentes. Il élabore avec eux la méthodologie de recueil et d’intégration de l’expérience des patients du centre et contribue à l’identification, à l’opérationnalisation et à l’évaluation des actions amélioratives identifiées. Il contribue également à un travail de valorisation du don d’organe avec l’équipe de la coordination des prélèvements d’organes et de tissus.
Le patient formateur
Le patient formateur peut contribuer au développement des compétences des actuels ou futurs professionnels de la santé (formation initiale ou continue). Il intervient autant en amont qu’en aval et au sein des activités d’enseignement.
Exemple : une patiente ayant une expérience significative de la vie avec la fibromyalgie co-construit avec un algologue un cours sur la douleur chronique à partir des savoirs qu’elle a développés pour choisir quotidiennement les activités physiques qui permettent de réguler au mieux ses douleurs.
Le patient chercheur
Le patient chercheur peut contribuer à la conception (par ex. : design de la méthodologie), à la mise en œuvre (par ex. : recueil de données) et à l’évaluation de projets de recherche contribuant à la santé, ainsi qu’à la gouvernance stratégique (orientations, financements, etc.) des réseaux de recherche.
Exemple : un patient ayant une expérience significative de la vie avec la sclérose en plaques conçoit avec des chercheurs un projet de recherche visant à améliorer l’accompagnement des patients par les professionnels des soins primaires. À travers celui-ci, il co-construit les questionnaires des entretiens qu’il va mener et analyser en duo avec des chercheurs de l’équipe.