La sécurité des patients est l'affaire de tous et se construit chaque jour grâce à l'engagement des professionnels de santé. À l'occasion de la Semaine de la sécurité des patients (SSP) 2026, le CHU de Clermont-Ferrand met en lumière les initiatives, les équipes et les démarches qui contribuent à renforcer la qualité et la sécurité des prises en charge.
Evénement en ligne
Semaine à thème
Le thème retenu cette année s'inscrit dans la continuité de celui choisi par l'Organisation mondiale de la Santé pour 2026 autour de la sécurité des soins des personnes vivant avec une maladie non transmissible (MNT), sous le mot d'ordre : « Soins sûrs à vie ! ».
Les maladies chroniques telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires chroniques ou encore les troubles psychiques nécessitent des prises en charge souvent complexes et de longue durée. Parce qu'elles mobilisent de nombreux professionnels et acteurs du parcours de soins, les personnes concernées sont exposées à des risques spécifiques liés notamment à la durée des traitements, à la multiplicité des intervenants, à la polymédication ou encore aux transitions entre les différents lieux de prise en charge.
Dans ce contexte, garantir un accompagnement sûr, global et coordonné, intégrant les dimensions médicales, organisationnelles et humaines, constitue un enjeu majeur. Cette ambition fait pleinement écho à la feuille de route nationale « Améliorer la sécurité des patients et des résidents », qui vise à renforcer durablement la culture de la sécurité dans l'ensemble du système de santé.
L'édition 2026 de la SSP sera ainsi l'occasion de valoriser les actions déjà engagées, les progrès réalisés et les premiers résultats obtenus grâce à la mobilisation collective des professionnels. Elle permettra également de poursuivre cette dynamique en renforçant l'implication de tous les acteurs autour d'une culture partagée de la sécurité.
Tout au long de la semaine, découvrez chaque jour un exemple concret d'action menée au sein du CHU de Clermont-Ferrand au service de la qualité, de la sécurité des soins et de l'amélioration continue de l'expérience des patients.
Lundi 14 Sept. | Pr Lise bernard - MoSIRIS
MoSIRIS, une structure innovante dédiée à la prévention du risque iatrogène lié aux produits de santé.
Chaque année, de nombreux événements indésirables liés aux produits de santé pourraient être évités grâce à une meilleure coordination des parcours et à une réévaluation adaptée des prises en charge. Ce risque concerne particulièrement les patients les plus à risque de iatrogénie, notamment les personnes âgées, présentant plusieurs pathologies et recevant de nombreux traitements.
Pour répondre à cet enjeu majeur de santé publique, le CHU de Clermont-Ferrand a créé MoSIRIS, un hôpital de jour innovant dédié à la prévention du risque iatrogène lié aux produits de santé. En une demi-journée, les patients bénéficient d’une évaluation globale réalisée par une équipe pluriprofessionnelle afin de :
- identifier les situations à risque
- optimiser les prises en charge thérapeutiques lorsque cela est nécessaire
- prévenir les événements indésirables évitables liés aux produits de santé
- favoriser l’autonomie, améliorer l’expérience patient et contribuer à la pertinence des soins
MoSIRIS repose sur une coordination renforcée entre les équipes hospitalières et les professionnels de santé des soins primaires (médecins, pharmaciens, infirmiers) qu’ils exercent en ville, en maison de santé pluriprofessionnelle, au sein d’une CPTS ou d’autres formes d’exercice coordonné. Chaque évaluation donne lieu à une synthèse partagée afin de favoriser la continuité, la pertinence et la sécurité des prises en charge. Avec MoSIRIS, le CHU de Clermont-Ferrand réaffirme son engagement en faveur d’une prise en charge centrée sur les besoins du patient, ses déterminants de santé et la pertinence des soins.
Pr Lise Bernard, chef du pôle PharmacieLes patients les plus complexes, exposés à un risque élevé de iatrogénie liée aux produits de santé, nécessitent une approche globale, coordonnée et personnalisée. Avec MoSIRIS, nous proposons une évaluation holistique de chaque situation afin d’adapter les prises en charge aux besoins, aux déterminants de santé et aux objectifs de vie de chaque patient, dans une démarche de pertinence des soins et de prévention des événements indésirables évitables.
Mardi 15 Sept. | Mme Elisabeth de Magalhaes - IDE coordinatrice en cancérologie
Le cancer frappe et bouleverse le quotidien, les habitudes et les repères. Pourtant, grâce aux progrès médicaux, à l'accompagnement des professionnels de santé et à la force de celles et ceux qui traversent l'épreuve, il est aujourd'hui possible de continuer à vivre ses passions en construisant des projets et en ayant une vie active tant sur le plan professionnel que personnel.
L’avenir peut s’envisager avec confiance !
Poursuivre ses projets de vie passe aussi par un accompagnement adapté à chaque étape du parcours. Dans cette vidéo, Elisabeth de Magalhaes présente son rôle dans la coordination et l'accompagnement des transitions de prise en charge.
Mercredi 16 Sept. | Dr Pascale Picard - Centre étude et traitement de la douleur (CETD)
À l'occasion de la Semaine de la sécurité des patients, le Dr Pascale Picard nous explique comment l'éducation thérapeutique aide les patients à devenir acteurs de leur parcours de soins.
Et si mieux comprendre sa douleur était déjà une étape du traitement ?
Au CETD du CHU de Clermont-Ferrand, l'Éducation Thérapeutique du Patient permet aux personnes souffrant de douleurs chroniques d'acquérir des connaissances et des outils concrets pour mieux vivre avec leur maladie. Une démarche qui contribue à renforcer l'autonomie des patients, la qualité de vie et la sécurité des soins. À l'occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients, le Dr Pascale Picard, chef de service du Centre d'Étude et de Traitement de la Douleur, nous éclaire sur l'apport de l'éducation thérapeutique dans la prise en charge de la douleur chronique.
Peut-on réellement apprendre à mieux vivre avec sa douleur ?
Oui. Même lorsque la douleur ne peut pas disparaître totalement, il est possible d'apprendre à mieux vivre avec elle. L'éducation thérapeutique aide les patients à comprendre les mécanismes de la douleur chronique, à identifier les facteurs qui l'influencent et à développer des stratégies adaptées pour retrouver une meilleure qualité de vie. L'objectif n'est pas seulement de réduire la douleur, mais aussi de permettre à chacun de reprendre une place active dans son quotidien, malgré la maladie, en développant ses propres ressources et capacités d'adaptation.
Quels sont les bénéfices concrets de l'éducation thérapeutique pour les patients suivis au CETD ?
L'un des principaux bénéfices est d'apprendre à entretenir une relation différente avec la douleur. Beaucoup de patients sont engagés depuis des années dans une lutte permanente contre celle-ci, avec parfois un sentiment d'échec ou d'épuisement lorsque les traitements ne permettent pas de la faire disparaître complètement. L'éducation thérapeutique propose alors une autre approche : reconnaître qu'une part de la douleur peut persister, tout en évitant qu'elle occupe toute la place dans la vie de la personne. Les patients apprennent progressivement à s'engager dans des activités, des projets et des actions qui ont du sens pour eux et qui correspondent à leurs valeurs. Cette évolution favorise une meilleure qualité de vie, davantage d'autonomie et un regain de confiance dans leurs capacités à agir malgré la douleur.
Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souffre de douleur chronique et hésite à intégrer un programme d'éducation thérapeutique ?
La motivation du patient est un élément essentiel de la réussite de cette démarche. L'éducation thérapeutique repose sur un engagement personnel et volontaire. Ainsi, lorsqu'une personne hésite, il n'est pas souhaitable de la contraindre ou de la convaincre à tout prix. Il est parfois préférable de lui laisser le temps de cheminer, de s'informer et de mûrir sa décision. Lorsqu'elle se sent prête à s'investir dans cette démarche, elle pourra en tirer pleinement les bénéfices et devenir véritablement actrice de sa prise en charge.
Comprendre sa douleur, développer de nouvelles stratégies d'adaptation et retrouver du pouvoir d'agir : autant d'objectifs portés par l'Éducation Thérapeutique du Patient au CETD du CHU de Clermont-Ferrand. Une approche au cœur de la sécurisation et de la personnalisation des parcours de soins.
Jeudi 17 Sept. | Mme Charlène Guillaume - IDE coordinatrice du pôle inter établissement d'addictologie
« Faire du lien » : voilà le mot que choisit Charlène Guillaume pour résumer sa mission.
À l'occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients, elle nous partage son regard sur l'importance de la coordination entre les acteurs du soin.
Un levier essentiel pour construire des parcours plus fluides, plus cohérents et plus sûrs pour les patients accompagnés en addictologie.
Vendredi 18 Sept. | Dr Julien Scanzi - MICI
Et si la prévention commençait dans notre intestin ?
À l'occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients, le CHU de Clermont-Ferrand donne la parole au Dr Julien Scanzi, gastro-entérologue, spécialiste du microbiote intestinal et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la santé digestive. Convaincu que l'information et l'échange sont des leviers essentiels de prévention, il sensibilise depuis plusieurs années le grand public et les professionnels de santé à l'importance du microbiote dans notre équilibre et notre bien-être.
En tant que gastro-entérologue, comment transformez-vous une consultation en véritable moment de prévention et d'échange avec vos patients ?
La consultation représente avant tout un moment d'écoute. Pour bien communiquer avec les patients sur leur santé digestive, il est essentiel de prendre le temps d'entendre leurs préoccupations, sans banaliser leurs symptômes. J'accorde également beaucoup d'importance à la pédagogie. Les maladies digestives, les examens ou les traitements peuvent parfois sembler complexes. Mon rôle consiste donc à les expliquer avec des mots simples et accessibles afin que chacun puisse comprendre sa situation et participer pleinement aux décisions qui concernent sa santé.
Une bonne communication permet non seulement de mieux comprendre les troubles dont souffre le patient, mais aussi d'améliorer l'adhésion aux traitements et aux mesures de prévention. C'est un élément essentiel de la qualité et de la sécurité des soins.
On parle beaucoup du microbiote intestinal. Quels sont les gestes simples que chacun peut adopter dès aujourd'hui pour protéger sa santé digestive et prévenir certaines maladies ?
Le microbiote intestinal joue un rôle majeur dans notre santé. Heureusement, plusieurs habitudes simples peuvent contribuer à préserver son équilibre. La première est d'adopter une alimentation de type méditerranéenne, variée et riche en fibres. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes ou encore les fruits à coque constituent de précieux alliés pour nourrir notre microbiote.
L'activité physique régulière est également bénéfique, tout comme un sommeil de qualité et une meilleure gestion du stress, qui ont un impact direct sur notre équilibre digestif. Il faut aussi rester vigilant concernant certains médicaments. L'automédication ou l'utilisation injustifiée de traitements comme les antibiotiques, les antiacides ou certains anti-inflammatoires peuvent perturber le microbiote ou entraîner des effets indésirables digestifs. Enfin, il est important de ne pas entreprendre de régimes d'exclusion, qu'il s'agisse du gluten, du lactose ou de certains groupes d'aliments, sans indication médicale ni accompagnement par un professionnel de santé.
La Semaine de la Sécurité des Patients met en lumière le partenariat entre les soignants et les usagers. Selon vous, pourquoi est-il essentiel que les patients deviennent acteurs de leur santé, notamment lorsqu'il s'agit d'alimentation et de prévention ?
Parce qu'un patient informé et sensibilisé à sa santé dispose de davantage de moyens pour agir au quotidien en faveur de son bien-être.
La prévention repose en grande partie sur des choix de vie que chacun peut adopter : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, un sommeil de qualité, une meilleure gestion du stress ou encore la participation aux programmes de dépistage. Ces comportements influencent directement notre état de santé à long terme. Devenir acteur de sa santé, c'est donc mettre toutes les chances de son côté pour prévenir certaines maladies, conserver une meilleure qualité de vie et vieillir en meilleure santé. Dans cette démarche, notre rôle de médecins est fondamental. Nous sommes là pour informer, conseiller et accompagner chaque patient afin qu'il puisse faire des choix éclairés et devenir un véritable partenaire de son parcours de soins.